Communauté scientifique MNPLB

Méthode naturelle Paul Le Bohec




Nous sommes une petite communauté scientifique qui a vu le jour en 2013 à l’initiative de Monique Quertier (1948), institutrice et Francine Tétu (1950), travailleur social, à la retraite toutes les deux. L’idée est née d’un désir commun de faire connaître et approfondir la Méthode naturelle de Célestin Freinet (1896-1966) développée par son plus proche collaborateur Paul Le Bohec (1921-2009).

La Méthode naturelle est une anti-scolastique qui n’affiche aucun catalogue de savoirs à acquérir, aucun programme. Approche complexe des apprentissages, la Méthode naturelle est un ensemble de conditions à mettre en place par l’enseignant pour qu’advienne dans le public avec lequel il travaille l’apprendre à penser par soi-même dans un groupe. Paul Le Bohec disait d’elle :

« C’est se créer une culture personnelle, sur la base de ses données de départ au moyen de l’expression-création au sein d’un groupe positif. »

Pédagogue, Paul Le Bohec était également un inventeur, un ouvreur de pistes, qui a travaillé essentiellement à l’approfondissement de la Méthode naturelle de Célestin Freinet dans sept langages dont les mathématiques (Le Texte libre mathématique, 1993). En plus de ses ouvrages, il a écrit un peu plus de 200 articles pour les revues : l’Éducateur, Coopération pédagogique... Après avoir été pendant trente ans instituteur des CP/CE1/CE2, dont vingt-trois dans les Côtes-d’Armor, il a été coopté par l’équipe enseignante de l’Institut carrières sociales de Rennes où il a rejoint l’enseignement supérieur. Pendant cette période, il a créé, inventé une méthode d’écriture collective : « Ah ! Vous écrivez ensemble ! » et les « Co-biographies dans la formation » qui sont autant de façons d’entrer dans la Méthode naturelle.

Si Paul Le Bohec est notre inspirateur, c’est que son œuvre, encore mal connue, est une source à laquelle nous nous abreuvons quotidiennement, tant elle est sensible, juste, et fouillée tant au niveau de l’analyse des différents langages, que de ce qu’est profondément l’être humain. Nous souhaitons vivement la faire connaître car il se pourrait qu’elle puisse aider bon nombre d'enseignants à aborder la complexité des apprentissages mais aussi de l'être humain en situation d'apprentissage. Faire émerger le désir d'apprendre chez un public captif est bien souvent un véritable challenge.

Monique Quertier a entretenu pendant deux années consécutives une relation de Maître à disciple avec Paul Le Bohec. Il disait de celle-ci : « Monique est la seule qui m’ait jamais vraiment compris. » En effet, pendant vingt ans, elle a mis en œuvre dans différentes écoles de quartier de Seine-Saint-Denis, la « création mathématique » inventée par Paul. Il a eu l’occasion d’observer et constater que son message avait été non seulement transmis mais compris, poursuivi et développé. Elle continue de la pratiquer dans les classes, avec des habitants, des enseignants et même des scientifiques, c’est-à-dire tout public de 4 à 80 ans et plus, pourvu qu’il soit curieux et en attente de se mettre en marche en mathématique. Elle est actuellement le principal transmetteur de ladite méthode que notre communauté scientifique nomme désormais « Débat mathématique libre ».

Francine Tétu, travailleur social à la retraite, a également été dans une relation de compagnonnage avec Paul Le Bohec pendant deux années. Avec l'aide de Paul, elle a contribué à exporter la Méthode naturelle hors des murs de l’école en l’appliquant à la philosophie et à la méthodologie de projet avec des groupes d’habitants d’un quartier classé « Politique de la Ville ». En effet, la Méthode naturelle est non seulement une Méthode d'apprentissage mais une Méthode de vie. C'est est une façon d'être au monde, avec soi et les autres dans une transformation et un agrandissement incessants des savoirs mais aussi des relations humaines. Ensemble, ils ont élargi le public bénéficiaire qui peut être jeune, moins jeune, savant, ignorant, ça n’a pas d’importance. En effet la Méthode naturelle « s’inscrit dans un paradigme de la complexité », c’est là toute sa force !

Notre communauté scientifique est reconnue comme groupe de travail par l’ICEM (Institut Coopératif de l’École Moderne) et rassemble en plus de Monique Quertier et Francine Tétu, des enseignants à la retraite et en activité (de la maternelle au secondaire), et une créatrice d’école primaire co-participative parents et professionnels.